EXPOSITION LE 3 JUIN 2016

 

EXPOSITION

Du 3 au 18 juin 2016.

Le titre « Signe non sémantique » au singulier désigne un matériau. Généralement utilisé pour communiquer un son (alphabet) ou une idée (idéogramme), le signe est ici traité à la seule fin de sa forme esthétique. Pour chacun d’entre nous, le signe abstrait évoque une dimension purement esthétique de notre histoire passée, présente ou à venir ; une histoire comme un conte ou une légende.

Je souhaite, par ce travail, nous permettre de passer au delà de l’image ou de l’idée pour accéder directement à la profondeur poétique du trait. Chaque signe est une porte. Ouverte grâce à la clef qu’est l’émerveillement, c’est dans son propre monde intérieur que le public est invité à voyager.

La compréhension esthétique propre à une démarche artistique ne doit pas être soumise à un processus intellectuel rationnel. Il faut cesser de chercher à « comprendre ce que veut dire l’artiste ». L’explication peut venir en second lieu lorsqu’il s’agit de faire de l’histoire de l’art ou un travail sur l’imaginaire. Mais pour aborder l’oeuvre, il nous faut user de notre aptitude à percevoir (du grec aisthêtikos esthétique : aptitude à percevoir par les sens) afin d’accéder à la dimension purement subtile et intuitive qui précède toute idée de création. Il existe toujours une vérité esthétique qui précède la démonstration rationnelle. Nous ressentons une affinité profonde avant-même de comprendre le pourquoi de notre attirance. Le signe en soi nous enchante par sa seule grammaire esthétique ; comme le feraient quelques notes de musique formant un accord s’adressant directement à l’âme.

Ma démarche s’enracine, d’une part, dans une conception orientale de l’écriture et plus précisément dans l’art SUMIÉ pratiqué au japon. D’autre part je suis très influencé par l’approche pédagogique du calligraphe allemand Martin Andersch (Traces signes et lettres).

Cette exposition, sans doute un peu déroutante, de plusieurs centaines de signes toujours différents, devrait donner la sensation d’une culture lointaine à laquelle nous ne sommes pas totalement étrangers.

 

LE MÉTIER DE CALLIGRAPHE

Les trois volets de mon métier sont l’enseignement de la belle écriture, la dimension artisanale que représente l’activité de copiste et l’aventure artistique à la frontière entre une calligraphie contemporaine et la peinture abstraite. Et tout cela me conduit vers une recherche concernant la pédagogie du trait, de la trace et du signe susceptible de structurer l’enfant avant même l’âge de l’écriture.

Issu d’une formation de calligraphie latine classique reçu à l’institut Alcuin à Tours, j’enseigne une douzaine d’abécédaires allant de la capitale romaine des premiers siècles de notre ère en passant par l’onciale, les gothiques, l’italique ou l’anglaise jusqu’à notre chancelière contemporaine. Il s’agit là de cours et d’ateliers essentiellement adressés aux adultes et aux grands enfants aptes à une concentration assidue.

Parallèlement à cela mon travail consiste à copier des textes dont la profondeur ou le sens sacré demande à être mis en valeur. Le calligraphe a pour mission de conduire le lecteur, au-delà des premiers degrés de compréhension, au sein de la dimension poétique de l’écrit. De la chanson de Ste Foy à frère Christophe de Thibirine en passant par Gandhy, Baudelaire ou Rudyard Kipling, les occasions de partager de belles pensées sont nombreuses.

Mais le texte m’inspire toujours une mise en lumière ou en musique. Alors me viennent des idées de création beaucoup plus abstraites qui vont illustrer l’esprit littéraire ; comme une sorte d’enluminure. Je me suis senti très tôt attiré vers la création abstraite contemporaine où le trait, mieux que de représenter une idée, exprime l’élan vital, l’âme de l’objet. Pour le calligraphe, avant même de symboliser une sonorité, la lettre revêt un sens purement esthétique. Le travail de la lettre possède une vertu structurante fondamentale de ma démarche de création. Alors, inspiré par la tradition japonaise du Sumié, je trace des poèmes, je finis par « écrire » des paysages de roche, d’eau et de pierre.

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